En arrêt maladie, votre bulletin de salaire remplace souvent une mauvaise surprise : le montant perçu est inférieur à votre salaire habituel. Pourtant, dans de nombreux cas, il est possible de toucher la totalité — ou presque — de sa rémunération pendant un arrêt de travail. La clé tient en trois étages qui se cumulent : les indemnités journalières de la Sécurité sociale, le maintien de salaire de l’employeur, et la prévoyance (convention collective ou contrat individuel). Ce guide explique comment fonctionne chaque étage, avec les chiffres officiels en vigueur, et comment vérifier ce dont vous bénéficiez réellement.
Diversifiez votre patrimoineInvestissez dans l’artDes tableaux originaux, pièces uniques signées par l’artiste. Un actif tangible, loin des écrans et des cotations.Voir les tableaux →
Pourquoi vous ne touchez pas 100 % de votre salaire par défaut
Pendant un arrêt maladie prescrit par un médecin, la Sécurité sociale verse des indemnités journalières (IJSS) destinées à compenser la perte de revenu. Leur calcul est encadré : l’indemnité journalière correspond à 50 % de votre salaire journalier de base, c’est-à-dire la moyenne de vos salaires bruts des trois derniers mois précédant l’arrêt. Le salaire pris en compte est plafonné à 1,4 fois le SMIC mensuel : pour un arrêt débutant à compter du 1er juillet 2026, ce plafond est de 2 613,83 € bruts, ce qui correspond à une indemnité journalière maximale de 42,97 € bruts par jour.
Autrement dit : à elle seule, l’Assurance Maladie remplace environ la moitié du salaire — et seulement dans la limite du plafond. Pour un salarié qui touche 2 500 € nets par mois, les IJSS représentent typiquement un peu plus de 1 200 € bruts : loin du compte. C’est précisément pour combler cet écart que les deux étages suivants existent.
Le délai de carence : les 3 premiers jours non payés
Avant même la question du pourcentage, il y a celle des premiers jours : les IJSS ne sont dues qu’à compter du 4e jour d’arrêt. Pendant les trois premiers jours — le délai de carence — aucune indemnité n’est versée. C’est ce « trou » que beaucoup de salariés découvrent sur leur bulletin, souvent avec incrédulité : il est parfaitement légal, et il s’applique au début de chaque arrêt.
Certaines situations y échappent : la prolongation d’un arrêt après une reprise de 48 heures maximum, les arrêts liés à une affection de longue durée (ALD), les accidents du travail et maladies professionnelles, ou encore l’interruption spontanée de grossesse. Et bonne nouvelle : de nombreuses conventions collectives maintiennent le salaire dès le premier jour, carence comprise. Si votre bulletin affiche trois jours déduits, vérifiez votre convention avant de vous résigner.
Le maintien de salaire légal de l’employeur
Deuxième étage : le Code du travail impose à l’employeur un complément patronal aux IJSS, au-delà d’une ancienneté d’un an dans l’entreprise (articles L1226-1 et suivants). Pour les salariés qui remplissent cette condition d’ancienneté, ce maintien légal porte la rémunération globale à environ 90 % pendant les trente premiers jours, puis environ deux tiers (66,66 %) pendant les trente jours suivants, après une carence de sept jours — le détail exact dépendant de la convention applicable et de l’ancienneté, les barèmes étant fixés par les articles D1226-1 à D1226-8 du Code du travail.
Ce socle légal a une limite : il est dégressif et temporaire. Sur un arrêt court, l’ensemble IJSS + complément reste généralement inférieur au salaire habituel ; sur un arrêt long, la couverture retombe vers les deux tiers. Pour atteindre 100 %, il faut le troisième étage.
Convention collective et prévoyance : la voie vers 100 %
C’est ici que se joue la majorité des cas « 100 % de salaire ». Beaucoup de conventions collectives et d’accords d’entreprise prévoient un maintien de salaire intégral pendant l’arrêt maladie, souvent après un délai de franchise (7, 15 ou 30 jours selon les textes) et parfois pendant une durée limitée (30, 60 ou 90 jours, parfois davantage). Les secteurs de la banque, de l’assurance, de la métallurgie cadres ou de l’hospitalisation privée sont réputés pour leurs maintiens généreux ; d’autres branches se contentent du légal.
À ce maintien conventionnel s’ajoute fréquemment une prévoyance collective souscrite par l’employeur auprès d’un organisme assureur (mutuelle de branche, institution de prévoyance), qui complète les IJSS jusqu’à un pourcentage cible — 75 %, 90 % ou 100 % du salaire, brut ou net selon les contrats. Enfin, pour les salariés sans couverture collective suffisante, il reste la prévoyance individuelle : un contrat souscrit à titre personnel, dont les garanties « incapacité de travail » versent une rente complémentaire. C’est souvent la seule option des travailleurs indépendants, qui ne cotisent pas au régime des maintiens salariaux et doivent s’assurer eux-mêmes.
La subrogation : quand l’employeur vous verse le salaire complet
Dernier mécanisme à connaître : la subrogation. Lorsque la convention ou le contrat de prévoyance prévoit un maintien de salaire, l’employeur peut — et souvent doit — continuer à vous verser votre salaire habituel sur bulletin, puis se faire rembourser les IJSS directement par la caisse. Pour vous, c’est le scénario idéal : pas d’avance de trésorerie, pas de régularisation, un salaire qui tombe aux dates habituelles. Sans subrogation, vous recevez les IJSS de la CPAM d’un côté et le complément de l’employeur de l’autre, avec parfois quelques jours de décalage — les versements de l’Assurance Maladie intervenant en moyenne tous les 14 jours après traitement du dossier.
Cas pratique : 2 500 € nets, arrêt de 30 jours
Prenons un salarié rémunéré 3 200 € bruts (environ 2 500 € nets), en arrêt 30 jours ouvrés pour maladie, avec un an d’ancienneté. Sans aucun maintien conventionnel : IJSS d’environ 52 € bruts par jour (50 % du journalier de base, sous plafond), carence de 3 jours, complément légal au-delà de 7 jours — au total, la perte sèche avoisine 15 à 20 % du mois. Avec une convention qui maintient 100 % dès le 8e jour et la subrogation : l’employeur verse le salaire intégral, carence souvent compensée, et la perte finale tend vers zéro. Avec une prévoyance à 100 % dès le premier jour : aucune perte du tout. Le même arrêt, trois réalités financières très différentes — d’où l’importance de connaître vos textes avant d’être malade, pas après.
Les démarches : ce qui conditionne le versement
Aucun des étages décrits ne fonctionne sans les démarches, et leur non-respect peut suspendre l’indemnisation. L’arrêt de travail doit être prescrit par un médecin, un chirurgien-dentiste ou une sage-femme — de façon dématérialisée via le téléservice de l’Assurance Maladie dans le cas général, ou sur un formulaire Cerfa sécurisé en cas d’impossibilité ; tout formulaire non sécurisé est rejeté depuis le 1er juillet 2025. Vous disposez de 48 heures pour transmettre l’avis d’arrêt à votre employeur (exemplaire imprimé ou volet 3 selon le cas) — le même délai valant pour l’envoi des volets papier à votre CPAM. Nuance récente à connaître : un arrêt prescrit en téléconsultation ne peut dépasser trois jours, sauf s’il émane de votre médecin traitant, de votre sage-femme référente, ou si vous prouvez l’impossibilité de consulter en personne. Enfin, conservez vos relevés d’IJ sans limitation de durée : comme les bulletins de salaire, ils valident des droits, notamment pour la retraite.
Arrêts longs : les limites à connaître
Les IJSS peuvent être versées jusqu’à 360 jours sur une période de trois ans. En cas d’affection de longue durée, la durée d’indemnisation s’étend à trois ans. Attention toutefois : l’indemnisation longue n’est pas automatique — elle suppose 12 mois d’affiliation et un volume de travail minimum (600 heures ou un salaire au moins égal à 2 030 fois le SMIC horaire sur les 12 derniers mois). Les maintiens conventionnels, eux, ont leurs propres durées maximales : au-delà, la couverture retombe souvent vers les seules IJSS. Pour les arrêts répétés ou prolongés (burnout, pathologies chroniques), le point pivot reste l’avis du médecin-conseil et la reconnaissance éventuelle d’une ALD — qui supprime la carence et sécurise l’indemnisation.
Comment vérifier ce dont vous bénéficiez
Trois vérifications, dans l’ordre : votre bulletin de paye (une ligne « maintien de salaire » ou « complément employeur » apparaît pendant les arrêts) ; votre convention collective, indiquée sur le bulletin — le Code du travail numérique permet de la retrouver et de lire sa section « incapacité de travail » ; votre contrat de prévoyance, remis à l’embauche ou disponible auprès du service RH. En cas de doute, une question écrite au service RH ou au gestionnaire de paie permet d’obtenir le barème exact appliqué. Et si un litige persiste sur le montant versé, la procédure de réclamation interne puis la médiation restent gratuites — la même logique d’escalade que pour la résiliation de vos contrats d’assurance.
Ce que ça change sur votre budget
Un arrêt maladie est aussi un événement budgétaire : les revenus baissent ou se décalent, pendant que les charges continuent. Deux réflexes limitent les dégâts : constituer une réserve d’urgence équivalente à un ou deux mois de dépenses — notre guide sur comment bien épargner son argent détaille la méthode — et garder un œil sur le calendrier : les IJSS sont imposables et soumises à la CSG (6,2 %) et à la CRDS (0,5 %), sauf pour les arrêts liés à une ALD exonérante. Le prélèvement à la source s’applique automatiquement sur les IJSS versées par la CPAM. Pour les périodes de carence non maintenues, certains employeurs proposent une régularisation en fin d’arrêt : demandez-la systématiquement.
Diversifiez votre patrimoineInvestissez dans l’artDes tableaux originaux, pièces uniques signées par l’artiste. Un actif tangible, loin des écrans et des cotations.Voir les tableaux →
FAQ : toucher 100 % de son salaire en arrêt maladie
Est-ce que je touche mon salaire complet en arrêt maladie ?
Seulement si votre convention collective, votre accord d’entreprise ou un contrat de prévoyance prévoit un maintien intégral. La Sécurité sociale verse 50 % du salaire journalier de base (plafonné), et l’employeur complète selon les règles légales ou conventionnelles applicables.
Pourquoi ai-je 3 jours de salaire déduits ?
C’est le délai de carence légal : les indemnités journalières ne sont dues qu’à partir du 4e jour d’arrêt. Certaines conventions le compensent, et les arrêts pour ALD, accident du travail ou prolongation après reprise courte en sont exonérés.
Quelle est la différence entre IJSS et maintien de salaire ?
Les IJSS sont versées par l’Assurance Maladie (environ 50 % du salaire journalier, plafonné à 42,97 € bruts par jour pour les arrêts débutant après le 1er juillet 2026). Le maintien de salaire est le complément versé par l’employeur, selon le Code du travail, la convention collective ou la prévoyance.
Comment savoir si ma convention collective maintient 100 % du salaire ?
Le nom de la convention figure sur votre bulletin de paye. Le Code du travail numérique permet de la consulter gratuitement : cherchez la section sur la maladie ou l’incapacité de travail, qui précise les pourcentages, les franchises et les durées de maintien.
Les indépendants peuvent-ils toucher 100 % de leur revenu en arrêt ?
Ils ne bénéficient pas des maintiens salariaux, mais cotisent à des indemnités journalières forfaitaires via leur régime. Pour approcher 100 %, la solution est une prévoyance individuelle adaptée aux travailleurs indépendants, souscrite avant la survenue de l’arrêt.
Les IJSS sont-elles imposables ?
Oui, elles sont soumises à l’impôt sur le revenu via le prélèvement à la source, ainsi qu’à la CSG (6,2 %) et à la CRDS (0,5 %) — sauf les IJ versées pour une affection de longue durée exonérante.
Envie de passer à l'action ?
Ouvrez un compte chez notre broker partenaire en quelques minutes : spreads dès 0,0 pip, exécution rapide.Les CFD sont des instruments complexes et présentent un risque élevé de perte rapide en capital.